La multiplication des pains.

Évangile de Jean – chapitre 6 – versets 1 à 14 .

La multiplication des pains

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Jésus avait donc dit aux Juifs ce qu’Il était devant son Père et ce qu’était son Père pour Lui. Ses Paroles les avaient tant irrités qu’ils ne voulaient plus supporter sa Présence. Jésus qui le savait en son Cœur « s’en alla de l’autre côté de la mer de Galilée, de Tibériade », suppliant son Père de les apaiser. Et le Père calmait les haines, confondait les désirs de vengeance des coupables. Il ne s’agissait pas de les transformer en fidèles du Christ, sur l’heure. Les hommes sont libres. Il leur appartient de grandir par leurs efforts. Il fallait d’abord sauver l’humanité, courant au pire, par ses mauvaises œuvres, d’où progression des forces sataniques et régression des forces naturelles de la planète, ces dernières à rétablir dans leur équilibre.

Il fallait également parler du Dieu d’Amour et de Justice dans son Pardon aux hommes, les préparer à leur Avenir éternel. Œuvre sans précédent dans l’histoire de ce monde, immortalisée par les Prodiges, les Miracles et le Verbe de Son Divin Rédempteur. Autant de signes de l’Amour de Dieu pour ses Enfants de la Terre ! Mais Œuvre qui ne pouvait s’élaborer pleinement que dans le temps, et à laquelle le Père et le Fils, sortant de leur Éternité, se livraient conjointement dans le Présent.

« Une grande foule le suivait parce qu’elle voyait les miracles qu’il opérait sur les malades. » D’où venait-elle cette foule qui progressait à vue d’œil sur les horizons ? Les disciples en restaient perplexes, car ils n’ignoraient pas comment les Scribes et les Pharisiens écartaient du Christ le peuple qui les écoutait. Dans leur foi simple et profonde, ils acceptaient ce qu’ils ne pouvaient approfondir, subjugués par le Surnaturel de la Vie de leur Seigneur, qu’ils voyaient parfois, suivant son état d’Esprit disparaître, tel un Soleil montant jusqu’aux nues et se perdant dans la Terre. Sur tout cela, ils gardaient le silence, redoutant d’attirer le blasphème sur Lui, et sur eux, injures et pis encore.

Mais cette grande foule qui surprenait les disciples était en partie composée de désincarnés. Admirateurs du Christ, ils descendaient du plus pur rayonnement fluidique de cette planète – seuil de départ pour des Mondes meilleurs . Lui offrir leur adoration jusqu’à son retour vers son Père. Jésus, par sa Volonté, les rendait visibles à tous, lorsqu’Il le jugeait nécessaire et sans que personne ne se doutât de ce Prodige. Donner plus d’éclat à ses Actes s’imposait à Lui en certaines circonstances. Ne fallait-il pas qu’on crût en Lui pour être sauvé ? Mais l’homme reste si loin des Choses du Ciel ! Et le Christ, toujours soucieux de l’Avenir des hommes, agissait en conséquence.

Et le peuple, sans Le suivre, Le regardait comme un Dieu, malgré les Juifs, et Satan son irréductible adversaire.

« Jésus monta sur la montagne et là, il s’assit avec ses disciples. » Jésus aimait la solitude que Lui offrait la montagne. Là, loin des hommes, Il avait le repos des Hautes Demeures : Union Divine où l’Amour du Fils consultait l’Amour du Père pour toucher les hommes, les ouvrir à Sa Mission Rédemptrice.

« Or, la Pâque était proche, la fête des Juifs. Ayant levé les yeux, et voyant qu’une grande foule venait à Lui, Jésus dit à Philippe : Où achèterons-nous des pains pour que ces gens aient à manger ? Il disait cela pour l’éprouver car il savait ce qu’il allait faire. Philippe lui répondit : les pains qu’on aurait pour deux cents deniers ne suffiraient pas pour que chacun en reçût un peu. » Si les Prophètes et les Patriarches entendaient et voyaient l’Éternel, les Cieux restaient d’autant plus avec le Christ qu’Il en est le plus Puissant après son Père. Comme un dieu, Il va commémorer l’entrée des Juifs en Terre Sainte et déjà les Anges au Ciel chantent son Miracle. De cela, les disciples ne savent rien ; mais ils pressentent que quelque chose d’inexprimable se prépare.

Et voici que l’ « un de ses disciples, André, frère de Simon Pierre, lui dit : Il y a ici un jeune garçon qui a cinq pains d’orge et deux poissons ; mais qu’est-ce que cela pour tant de gens ? » Pourquoi ce jeune garçon, qui, au milieu de cette foule, porte cinq pains et deux poissons ? C’est un Ange sous une apparence humaine, pensée vivante du Christ, charnière du Miracle, symbolisant la nouvelle jeunesse du peuple israélite, libéré du joug égyptien, dans sa liberté retrouvée.

Ces cinq pains consacrent le Renouveau de l’entrée des Israélites en Terre Promise, leur nourriture physique, morale et spirituelle qui répond aux cinq sens de l’homme, nourriture, par la Grâce du Père, qui leur apporta après tant de souffrances, la réalisation de leurs plus nobles désirs et de leurs plus légitimes espérances.

De cette nourriture, les deux poissons sont le complément. Ils simulent l’Eau Vive du Ciel que Jésus répandit sur la Terre et lui prodigue encore de son Éternité.

Eau Vive, source de toutes Grâces qui, rendant bienfaisants les biens de ce monde et ceux de la Terre plus féconds, purifie l’homme et la femme, les retire de la souffrance, de la maladie et de la mort, s’ils vivent de cette Eau comme le poisson vit dans l’onde. Elle leur est tellement indispensable qu’ils doivent la considérer comme une chair, c’est-à-dire s’en nourrir spirituellement, sans souci de leur corps charnel, auquel Dieu pourvoira dans Sa Justice et Son Amour.

Après avoir entendu André, frère de Simon Pierre, « Jésus dit : Faites-les asseoir. Il y avait dans ce lieu beaucoup d’herbe. Ils s’assirent donc au nombre d’environ cinq mille hommes. » Cinq mille, nombre symbolique. L’Apôtre Jean le ramène à la synthèse des Œuvres descendant du Ciel sur la Terre, par le Père, le Fils et l’Esprit-Saint (cinq Puissances). Les trois zéros représentent les Œuvres de ces trois grands Êtres. Le Ciel et la Terre = 2, le Père, le Fils, l’esprit-Saint = trois.

La Terre est donc considérée ici comme une puissance parce qu’elle représente une force équilibrée qui donne la vie au monde, la fécondité à la Terre. C’est une puissance matérielle, une force par le Fluide Divin qui est en elle.

« Jésus prit les pains, rendit grâces et les distribua à ceux qui étaient assis. » Prodige ! Les pains naissaient en ses Mains toutes-puissantes à mesure qu’Il les distribuait.  « Il leur donna de même des poissons autant qu’ils en voulurent. » Comme les pains, les poissons se produisaient en Ses Mains à mesure qu’Il les donnait.

Que de choses merveilleuses, alors, au plus profond des Cieux et sur la Terre, autour de Lui. Les Anges chantaient Sa Puissance et Sa Grandeur en en remerciant le Père. Le Miracle s’était accompli… Le Ciel, par le Christ, avait regardé la Terre.

Mais pourquoi, certains êtres parmi cette foule étaient-ils assis, quand d’autres ne l’étaient pas ? Puisque, comme il a été dit plus haut, des désincarnés étaient présents, ceux-là n’étant plus de ce monde matériel, ne prenaient pas la nourriture des hommes, et, ne subissant pas de fatigue, ils étaient demeurés debout.

« Lorsqu’ils furent rassasiés, il dit à ses disciples : ramassez les morceaux qui restent afin que rien ne se perde. Ils les ramassèrent donc, et ils remplirent douze paniers avec les morceaux qui restèrent des cinq pains d’orge après que tous eurent mangé. » Jésus, en ne faisant pas cas des poissons, mais seulement des morceaux de pain non consommés, montre que les douze tribus d’Israël s’attacheront aux richesses de ce monde, les posséderont égoïstement, ainsi se priveront de l’Eau Vive, leurs œuvres ne leur permettant pas d’en recevoir les Grâces.

Posséder les richesses de ce monde, seulement pour soi, c’est les perdre. Dieu en a comblé les hommes pour qu’ils soient heureux par elles dans un partage universel.

Combien de choses cachées furent accomplies par le Christ ici-bas et que les hommes ne réaliseront que dans l’Éternité.

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