La réincarnation

Si on fait appel à la raison, peut-on s’arrêter à la conception de la vie telle qu’elle est admise actuellement ? L’homme n’aurait donc qu’une seule existence sur cette Terre ? Les uns la traverseraient sans trop de heurts, les autres courbés sous le poids de tristesses profondes, de difficultés sans nombre ; aux uns seraient dévolus la richesse, l’affection, la santé, aux autres la pauvreté, la maladie, la détresse morale ? Qui présiderait à l’attribution des lots inégaux dont chacun serait pourvu ? Ne penserions nous pas s’il en était ainsi, être victime d’une affreuse injustice ? Peut-on également prétendre que le hasard joue un rôle dans n’importe quel domaine de notre vie ? Non il n’y a pas de hasard. Et pourtant les faits sont là, mystérieux, incompréhensibles. La réincarnation peut dissiper toutes ces ténèbres qui assombrissent notre existence et donner une réponse claire à nos interrogations. Si la doctrine de la réincarnation est couramment admise en Orient, elle est peu répandue en Occident ; elle ne figure pas dans les canons de l’église. Seule une minorité de chrétiens affirme sa foi aux vies successives et n’admet ni la résurrection de la chair, ni le purgatoire, ni l’enfer éternel. Ils pensent que la souffrance, la maladie et la mort sont la conséquence de nos infractions aux Lois divines et que tôt ou tard nous recevons le choc en retour de nos erreurs : c’est ce qui justifie la réincarnation. Ainsi, après de multiples vies d’incarnation, l’homme se transforme, évolue dans le bien, se spiritualise et quitte définitivement la Terre pour vivre sur un monde plus élevé et c’est alors son ascension jusqu’aux plans divins. Depuis quand cette doctrine est-elle connue, enseignée, qui en a parlé au cours des siècles ? Dans les temps plus anciens, on trouve la croyance aux renaissances en Inde chez les Védas 4000 ans avant Jésus-Christ. Cette conception forme la base du Brahmanisme, du bouddhisme, du confucianisme en Chine. Les lois de Manon (la Bhagavad-Gîtâ gita) dont Gandhi était adepte enseignait l’immortalité de l’âme et les renaissances de l’homme. Le Bouddha qui était fils de roi, ayant tout quitté prêcha une doctrine de renoncement, de pureté, d’amour du prochain et déclara : « l’homme revient moissonner ce qu’il a semé». Pythagore au 6ème siècle avant Jésus Christ fonda une école philosophique basée sur ces principes. Les écrits de Platon (428-347 avant Jésus-Christ sont bien connus en particulier son célèbre ouvrage le « Phédon » où son maître Socrate dialogue sur l’âme, sur l’immortalité et les renaissances successives : «Apprendre c’est se ressouvenir » disait-Il. Les esséniens et plusieurs pères de l’église n’écartaient pas l’idée de la réincarnation. Citons Saint-Augustin : « N’ai-je pas vécu dans un autre corps avant d’entrer dans le sein de ma mère ? » ;  Saint-Grégoire de Nasse qui écrit : « c’est une nécessité pour l’âme de se purifier à travers les multiples vies .  Saint-Jérôme s’exprime ainsi : « La doctrine de la réincarnation a été dans les temps les plus anciens communiquée à un petit nombre d’élus comme une vérité qui ne devait pas être répandue dans la masse du peuple ». Au XIème et XIIème siècle, les cathares la diffusaient parmi le peuple du Sud-Ouest de la France. Citons également des philosophes et écrivains anciens, tels que Plutarque  (49-125) ; Plotin (205-270) mais aussi des contemporains : Victor Hugo, Georges-Sand, Leibniz, Goethe, Schopenhauer, Flammarion.  Pascal qui a écrit : « Il faut que nous naissions coupables, sinon Dieu est injuste »,  Lamartine « La vie ici-bas est un degré de l’échelle des mondes que nous devons franchir pour arriver ailleurs »  François Coppé : «S’il est vrai que le monde est pour l’homme un exil, où ployant sous le poids d’un labeur dur et vil, il expie en pleurant sa vie antérieure, « S’il est vrai que dans une existence meilleure parmi les astres d’or qui roulent dans l’azur, il a vécu, formé d’un élément plus pur, et qu’il garde un regret de sa splendeur première. Voyons à présent ce qu’il en était de cette croyance à la venue du Christ, et que nous trouvons dans les Évangiles : L’entretien du Christ avec Nicodème : Jean 3 – 1 à 7 « Mais il y eut un homme d’entre les pharisiens nommé Nicodème, un chef des juifs qui vint auprès de Jésus de nuit, et lui dit Rabbi, nous savons que tu es un docteur venu de Dieu, car personne ne peut faire ces miracles que tu fais si Dieu n’est avec Lui ; Jésus lui répondit : « En vérité, en vérité, je te le dis si un homme ne naît de nouveau, il ne peut voir le Royaume de Dieu. Nicodème lui dit «  Comment un homme peut-il naître quand il est vieux ? Peut-il entrer dans le sein de sa mère et naître ? Jésus lui répondit : « En vérité, en vérité, je te le dis, si un homme ne naît d’eau et d’esprit, il ne peut entrer dans le Royaume de Dieu. Ce qui est né de la chair est chair, et ce qui est de l’Esprit est esprit. Ne t’étonne pas de ce que je t’ai dit : il faut que vous naissiez de nouveau. Au sujet de l’aveugle de naissance : Jean 3-V 1 et 2 : « Jésus vit en passant un homme aveugle de naissance. Ses disciples lui firent cette question : Rabbi qui a péché cet homme ou ses parents pour qu’il soit né aveugle ? Jean-Baptiste n’est-Il pas l’incarnation d’Elie ?: On peut le croire Matthieu 17-10 Les disciples lui firent cette question : pourquoi donc les scribes disent-ils qu’Elie doit venir premièrement ? Il est vrai qu’Elie doit venir et rétablir toute chose ; mais je vous le dis qu’Elie est déjà venu, et qu’ils l’ont traité comme ils ont voulu… les disciples comprirent alors qu’Il leur parlait de Jean-Baptiste. Plus tard un des pères de l’Eglise : Origène (185-254) vivant très pauvrement, menant une vie exemplaire fut placé à la direction de la célèbre école d’Alexandrie. Sa doctrine est exprimée dans son ouvrage (Les principes) où Il s’efforce de fusionner les idées platoniciennes avec les Enseignements du Christ ; Il croit à la réincarnation, rejette l’idée de l’enfer éternel, affirme que Dieu a créé les hommes à son image « Esprit », et que ceux-ci ont chuté. Mais au 2ème concile de Constantinople en 553, les idées d’Origène et en particulier la réincarnation furent condamnées. Que dire d’autre ? Les inégalités intellectuelles, sociales, physiques, morales au milieu desquelles nous vivons attestent la réincarnation comme une consécration de la justice et de la miséricorde divine. La réincarnation est une loi d’évolution. Un Dieu parfait infiniment miséricordieux ne peut pas faire souffrir et mourir ses enfants, ce sont ces derniers qui par leurs infractions aux lois divines créent la souffrance, la maladie et la mort. Dieu nous a crées pour le bonheur, et le concept de l’enfer éternel, c’est Lui faire offense, Lui qui veut, comme le dit l’apôtre Pierre « qu’aucun de ses petits ne périssent, mais que tous arrivent à la repentance (2 Pierre 3-9). Ainsi tout homme reprend un corps de chair des vies durant afin de s’élever pour dépasser le niveau moral de la Terre et la quitter un jour définitivement. La réincarnation est l’Espérance pour nous libérer de notre matérialité, une espérance qui nous donne la joie de vivre tellement nous avons besoin de savoir pourquoi nous vivons et où nous allons. La réincarnation est la base de toutes les religions pour qu’elles ne soient pas Mystère mais Lumière ». Mais l’homme travaille t-il aujourd’hui à son progrès spirituel ? Toutes ses activités ne les consacre t-il pas à la matière ennemie de l’Esprit, au mal ? C’est ainsi qu’il se destine à de multiples et pénibles réincarnations, si sa première vie terrestre ne l’a pas élevé au-dessus de lui-même.

 

 

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