La CharitéLa Charité est œuvre de cœur. Sans le cœur, il n’y a véritablement pas de Charité. Son premier sens demande de s’ignorer pour la bien faire, d’aller à tous ceux qui souffrent, moralement, matériellement, physiquement. Il n’y a pas de degrés pour l’homme charitable, du moment qu’elle vient de son cœur. Le cœur, quand on vit par lui, enlève toutes les barrières de l’égoïsme, de l’orgueil ou de la fatigue physique et morale qui sortent de l’arène de la vie quand on soutient autrui défaillant. Que la Charité serait belle si sur la Terre on l’envisageait par Dieu ! Montons haut, si vous le voulez bien ; car rester sur ce sol quand on parle de Charité, c’est se fourvoyer. Montons donc à Dieu pour nous inspirer de Ses Lois et de Son Amour Éternel. ******* Le grand mot qui vient tout naturellement à l’esprit c’est : « oublions-nous ». L’oubli de soi est le sentiment merveilleux quand on veut faire la charité. Il prend, cet oubli, chez l’homme, une telle proportion de beauté qu’il n’est plus un être charitable, mais un Apôtre de la Charité. C’est là où il faut nous arrêter. Voyons ce que doit être l’Apôtre de la Charité. Croyons-nous qu’il existe réellement ici-bas ? Non. Il y a trop de difficultés pécuniaires pour que l’oubli de soi soit si grand que le côté matériel de la vie disparaisse. Ce côté s’impose. Mais pour l’Apôtre il ne doit pas prendre cet état. L’Apôtre doit d’abord voir le côté élevé de sa vie, celui que Dieu demande à toutes Ses Créatures. L’altruisme, qu’est-ce que l’Altruisme ? N’est-ce pas de songer à autrui avant de songer à soi ? L’Altruisme doit donc gouverner l’Apôtre, aller à travers la vie en pensant d’abord à son frère et en se regardant en second lieu. Croit-on, que même alors dans cette vie où tout est contraire à la Charité, peut-on croire que ce sentiment noble peut nous coûter jusques à craindre que nous pourrions tomber dans la misère ? Non. Ayons la Foi de nous dire que celui qui sert véritablement Dieu, dans son désir de se sacrifier pour les autres, sera soutenu. Dieu lui viendra en aide. Lisons les Écritures Sacrées. Ne voyons-nous pas cette idée quand Jésus dit à Ses Apôtres « Allez par la vie. Répandez la Vérité, et ne vous occupez ni de vos vêtements, ni de vos souliers, ne vous occupez de rien. » Puisque vous êtes les Serviteurs de Dieu, Dieu vous viendra en aide en toute occasion ; et si vous n’avez pas le superflu, vous aurez toujours le nécessaire. N’est-ce pas vrai pour nous, spiritualistes, que Dieu pourvoit à tout quand on Le sert ? N’est-ce pas vrai qu’Il est l’Être d’Amour par excellence, et que, dans la Charité, quand l’Amour la gouverne, c’est-à-dire quand nous nous oublions, Dieu est avec nous ? Il nous donne tous les moyens de continuer la vie qui Lui plaît, ce qui nous ravit d’aise. ******* La Charité, dit-on, est la couronne de toutes les Vertus. A mon sens, on a tort de le croire. La Charité pour être réelle, pour être une sorte de fille du Ciel, demande à l’homme une vie qui soit agréable à Dieu, sinon a-t-elle vraiment un sens élevé, est-elle pure, c’est-à-dire vient-elle d’un être qui gagne sa vie de façon honnête et qui, aux dépens de cette vie, la prodigue à droite et à, gauche suivant les circonstances de ses activités ? On ne peut admettre que la Charité ait son sens véritable si l’on gagne sa vie d’une façon malhonnête. N’est-ce pas là une dérivation de la Charité, mais cachée ? Ce n’est qu’un geste extérieur qui coûte peu, une sorte de retour sur soi pour satisfaire la conscience insatisfaite puisqu’on la fait avec des acquis qui ne sont pas honnêtes. La Charité demande donc, pour avoir toute son autorité spirituelle, une vie élevée de celui qui la pratique. Alors, elle sème par ses gestes toutes sortes de bienfaits matériels et moraux. Car, si le temps et l’argent que l’on donne, ont vraiment un sens élevé, le geste que l’on fait pour être charitable a une pureté que ne peuvent avoir les gestes de celui dont la vie n’est pas pure. Et s’ils profitent matériellement, ils profitent moralement. Nous savons que tout ce que nous faisons produit une force fluidique pure ou impure. Chez l’homme altruiste, le sens de la vie est pur. Mais chez l’homme qui vit d’une façon plus ou moins honnête, les apports de sa vie sont impurs. La Charité donc, pour être bienfaisante, doit sortir d’une vie exempte de toutes mauvaises œuvres, de toutes mauvaises pensées. C’est alors qu’elle répand tous ses bienfaits et qu’elle a en elle des Échos d’En-Haut qui sont bien nécessaires à ses influences terrestres. ******* La Charité demande-t-elle à l’homme beaucoup d’efforts ? Certes oui. Par sa nature matérielle, il est contre la Charité, il est contre ce qui lui demande des sacrifices que son égoïsme, son désir de jouir de la vie rejettent. L’homme par sa nature, au fond animale, vit pour lui-même. Et quand il a la Charité en lui, ne croyez pas qu’elle vient de l’instant même. Elle a eu des prémices. La créature ici-bas n’y vient que lentement, par des efforts successifs, persévérants, qui arrivent à faire d’elle l’être charitable qui plaît à Dieu. Nous sommes nés, dans notre chair, pour vivre pour nous : de là des difficultés afin de sortir de nous-mêmes pour exprimer en ce monde l’idéal du sacrifice que demande l’action charitable. Être bon, peut-on considérer que véritablement c’est la substance, le fond même de la Charité ? Être bon n’est pas équivoque, mais ne vaut pas le mot « Charité ». On peut être bon sans que cela vous coûte, mais être charitable cela doit vous coûter toujours et de toutes les manières, ou bien la charité n’est pas comprise. Il force sa nature. Elle ne répond pas aux élans du cœur. C’est une apparence de la Charité. C’est le calcul de la Bonté, car il faut être bon pense-t-on. Celui qui compte sa bonté est bien loin d’être charitable. Déterminons maintenant l’homme charitable. Faisons-en une image. Il doit avoir une vie vertueuse, ne pas se perdre à travers tous les étalages plus ou moins immoraux, plus ou moins intéressés de la vie. Il ne doit vivre que pour exprimer ce que les élans de son cœur lui dictent. Il n’a de cesse que dans la fatigue. Et quand il a repris courage, il doit reprendre sa marche en avant. Rien ne doit le repousser ni des uns ni des autres. Il n’y a pour lui de franche lippée morale que s’il se surpasse, de beauté spirituelle devant Dieu que s’il se sacrifie. Il contemple Dieu dans l’oubli de soi. Il vit par Dieu. S’il ne s’arrête pas à cette Haute Image du Créateur, il trébuche sur son chemin. Sa vigueur morale défaille. L’homme ne fait rien par lui-même ; et dans la voie de la Charité, il ne fait rien tout seul ; Il lui faut être soutenu par son effort, et le reste viendra par surcroît. C’est alors qu’il aura, au milieu de la vie, des réalités intérieures très douces, absentes quand on la suit dans ses chemins matériels. Il se sera dépassé ; tout lui paraîtra comme un renoncement auquel progressivement il se sera habitué, parce qu’ La Charité devient une Véritable Vertu quand l’homme s’y est préparé en s’élevant au-dessus de lui-même. C’est là seulement où ses efforts sont vraiment beaux et l’ennoblissent. L’homme dépasse l’homme tout court, il se suralimente de spiritualité. ******* Si la Charité était sur le monde, la couvrait comme le Ciel au-dessus de la Terre, quelle harmonie présiderait aux destinées des hommes : elles seraient d’or. Plus de luttes personnelles, de luttes entre les peuples ! Une harmonie affectueuse réglerait les rapports entre eux. Les difficultés matérielles disparaîtraient, parce que chacun en travaillant pour soi, dans son for intérieur ne travaillerait que pour les autres avec satisfaction. Peut-on croire alors qu’il y aurait de ces barrières géantes dressées par les appétits de l’argent et d’autres sentiments matériels ? Tout tomberait. Il n’y aurait plus, entre les hommes, que des rapports qui les rapprocheraient tous, parce que l’intérêt ne serait plus en jeu, et que chacun, par l’idée de Charité qui touche largement à la Fraternité, trouverait chez son voisin, qu’il soit français, allemand ou d’autres pays, le désir de s’entendre fraternellement. La Charité au fond, n’est-ce pas le désir de ne plus avoir de mésentente, de difficultés qui touchent à l’argent, aux productions d’un pays, à toutes les productions du Génie des Peuples ? Tout devrait se confondre dans des échanges où il n’y aurait que la Justice et non ce désir de tromper pour s’approprier au mieux de l’égoïsme, l’argent ou d’autres choses, jusqu’à d’autres Peuples, d’autres races. Cherchons encore. Voyons si la Fraternité véritablement n’est pas un fond nécessaire qui facilite toutes les Vertus que l’homme doit mettre en valeur pour plaire à Dieu selon Ses Lois. Nous l’avons dit : la Charité doit être du cœur ; sans quoi elle n’a pas de valeur parce que le geste qui la symbolise est sec, et un cœur sec ne sait pas faire la Charité. Il faut donc que l’homme pour arriver à ce sentiment, ne soit plus l’homme de notre temps, mais un autre homme. Nous l’avons dit tout à l’heure : il y a des prémices pour arriver à être charitable ; eh bien, quels sont-ils ? La Charité pour les gens très matériels est une question de monnaie, d’orgueil, ils paient pour être connus, nommés, mais la Charité dans ses représentations multiples n’est pas cela. Comment la comprendre, la faire avec les plus nobles sentiments ? Pour pénétrer cet état, pénétrons tout ce qui fait de l’homme un être qui ne cherche qu’à se satisfaire de toutes manières, satisfactions basses, alors qu’il doit les supprimer. Mais quelles sont ces basses satisfactions ? S’il y en a de matérielles, il y en a de morales. Les matérielles, c’est de chercher à retirer beaucoup de tout ce qui peut rapporter ; et les morales, c’est de vouloir se satisfaire dans les basses aspirations que nous avons, qui sortent de notre animalité, au lieu d’avoir pitié de notre prochain, de la faiblesse humaine, de l’humanité qui végète dans des chemins où les animaux pourraient faire « un » avec nous-mêmes, trop souvent. Donc, soyons charitables devant toute faiblesse, et la première faiblesse, pour l’homme, s’il considère la vie dans sa beauté spirituelle, la première faiblesse, c’est la femme. La femme n’est-elle pas une partie de l’homme, comme l’homme est une partie de la femme ? L’homme en dispose trop, suivant ses bas appétits, en spéculant sur ce qui est fragile en elle : ses sentiments. Il voit en elle un être de basses convoitises au lieu de la respecter. Il la traite ainsi trop souvent. Ce faisant, cela serait, au point de vue Charité, une Vertu chez l’homme de faire de sa compagne n être ayant droit à tous lues respects. s’ennoblirait ainsi. Il serait l’homme protecteur de la faiblesse féminine. Ne serait-ce pas une Haute Vertu qui grandirait encore ce mot si profond : la Charité.Il Croit-on que pareil sentiment n’aurait pas des répercussions sensibles qui feraient de notre Société aux chemins plutôt noirs que lumineux, une société meilleure, et que la femme tant liée à l’homme serait plus sûre de celui qui doit être un jour son compagnon. Si la Société actuelle périclite, si la femme est tombée si bas aujourd’hui, à nous, hommes de songer à la relever de l’état où elle se trouve en l’entourant des sentiments nobles et généreux qui plaisent à Dieu. Ce serait une transcendante Charité. Elle aurait sur tous les cœurs de effets bienfaisants. L’homme, dans son égoïsme, ne se satisferait plus, parce que la Charité transcendante gouvernerait son cœur et notre Société. ******* Ne profanons pas la Charité en la trompant par des œuvres qui ne sont faites que pour se faire remarquer d’une manière ou d’une autre. J’ai dit, plus haut, qu’il n’y a de véritable Charité que par le cœur. Qu’il est doux d’aller à son prochain quand le cœur est présent, et de soulager sa misère morale, physique ou matérielle, par de douces paroles qui viennent de bons et généreux sentiments. Celui qui remplit semblable devoir en a profonde joie et quand il a fini ce geste supérieur, il est heureux d’avoir trouvé dans un jour, dans une heure, un peu de beauté dans sa vie journalière, parce que la Charité bien ordonnée est vraiment fille du Ciel. Dieu n’est-il pas la Charité Infinie, car ne vient-Il pas à toutes Ses Créatures, quand elles L’appellent, même chez les plus dévoyés quand ils s’arrêtent à Lui, ne sachant plus où se reposer, espérant en Lui, non qu’ils L’aiment, mais Le supplient sans être profondément convaincus qu’ils recevront ce qu’ils désirent. Oui, Cherchons à la comprendre pour celle que nous devons faire sans jamais nous lasser. Dans Sa Personne Infinie, elle est l’Auréole de tous Ses Génies, elle est la Puissance qui plane sur tous les Mondes, les Espaces et l’Eternité. Le moindre espace, n’importe où porte le Sceau de la Charité Divine. Vous ne changerez rien dans un monde où la Charité serait absente. L’égoïsme, la vanité, l’orgueil y auront seuls la place. Dieu, dans Sa Perfection, est l’Invincible Charité. Dans Sa Voix, dans Ses Gestes, dans Son Infini, elle s’épanouit, elle est visible : c’est le Rayon ajouté aux Rayons de tous les Génies Divins. Soyons Charitables en imitant par nos faibles moyens la Charité de Dieu . Il les soulage toujours avec le Soin qu’il a pour que Sa Charité ne soit pas seulement profitable à la douleur, mais aussi à l’avenir de Ses Créatures. Oui, quand nous faisons la Charité avec un cœur pur, compatissant, nous élevons la malheureux à qui nous nous adressons ; parce qu’elle vient d’un être pur qui touche celui auquel il va, car celui-ci est pénétré du bien qu’il en reçoit. Soyons charitables, et la Charité ne sera plus la Charité simple, mais la Charité transcendante qui approchera le plus possible de Celle de Dieu et qui fera de celui qui la recevra un être nouveau qui a senti, quand il l’a reçue, qu’elle n’est pas de ce monde. Faisons la Charité devant Dieu pour ceux qui la reçoivent et pour ceux qui la donnent. Souvenons-nous toujours sur nos chemins de la Vie que Dieu est Charité Éternelle et qu’il nous faut L’imiter par notre Sauveur le Christ. ******* Conclusion En conclusion, il nous est bien difficile quand nous faisons la Charité, de la faire d’une manière juste. Le monde qui a besoin de la Charité se compose en deux parties : les pauvres honteux et les pauvres qui, d’une pauvreté apparente font un métier. Ces derniers sont souvent trompeurs et sont nombreux. Je crois que pour ces derniers on peut se tromper, mais il faut vraiment manquer d’attention. Faut-il donner ? Sont-ils pauvres parce qu’il y a quelque chose de caché en eux que nous ne voyons pas ? Il est bien difficile d’y répondre sans les avoir devant soi. Quant aux premiers, les pauvres honteux, ceux-là ne demandent pas. Sont-ils arrivés à cet état par certains vices tels que la boisson ou la fainéantise ? Je crois que ceux-là

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